Ce que dit le standard
La Fédération cynologique internationale décrit les deux variétés sous deux numéros distincts : le 11 pour le Bull Terrier, le 359 pour le Bull Terrier miniature. Les deux figurent dans le même groupe et la même section, celle des terriers de type bull.
La comparaison des deux textes tient en une ligne.
| Bull Terrier | Bull Terrier miniature | |
|---|---|---|
| Standard | Numéro 11 | Numéro 359 |
| Taille | Aucune limite fixée par le texte | La hauteur ne doit pas dépasser 35,5 cm |
| Poids | Aucune limite fixée | Aucune limite fixée |
| Morphologie | Décrite dans les mêmes termes pour les deux variétés : tête ovoïde sans stop, oeil triangulaire, corps compact, allure couvrante. | |
| Tempérament | Décrit dans les mêmes termes : plein de feu et courageux, d'un tempérament égal et docile à la discipline. | |
Le standard de la variété miniature insiste par ailleurs sur l'équilibre : le chien doit donner une impression de substance rapportée à sa taille, sans devenir ni lourd ni frêle. Un miniature n'est donc pas un Bull Terrier réduit de moitié, c'est le même chien décrit à une autre échelle.
L'histoire de la variété réduite
La variété réduite n'est pas une création récente. De petits Bull Terrier existent dès les débuts de la race, et l'on trouve même mention, à la fin du XIXe siècle, de sujets de très faible poids qui ont ensuite disparu.
Le fil se déroule en trois temps.
- Les petits sujets d'origine. Ils accompagnent la race dès sa constitution, sans faire l'objet d'une sélection organisée. Une partie de cette population se perd au tournant du XXe siècle.
- La reconstitution. Des éleveurs reprennent le travail à partir des plus petits sujets disponibles, avec l'objectif de retrouver le type de la race dans un format réduit, sans tomber dans le chien fragile.
- La reconnaissance officielle. Le Kennel Club britannique accorde un registre distinct à la variété miniature en 1939. L'American Kennel Club l'admet en 1991.
Cette histoire explique la principale caractéristique généalogique de la variété : elle est plus récente et surtout beaucoup plus étroite que la population standard, parce qu'elle a été reconstruite à partir d'un nombre limité de fondateurs. Le mécanisme est celui décrit dans les grands géniteurs historiques.
Conséquences généalogiques
C'est le point central de cette page, et il ne concerne ni la taille ni l'apparence : une variété peu nombreuse gère sa diversité génétique dans des conditions plus difficiles qu'une variété nombreuse.
Trois conséquences en découlent directement.
- La parenté moyenne est plus élevée. Avec moins de reproducteurs disponibles, deux chiens pris au hasard ont plus de chances d'avoir des ancêtres communs. Un coefficient de consanguinité qui paraîtrait modéré dans une grande population peut correspondre, ici, à une situation déjà serrée.
- L'effet d'un mâle très utilisé est amplifié. Dans une petite population, un reproducteur à succès pèse proportionnellement beaucoup plus lourd, et diffuse ce qu'il porte, y compris ce qu'on ignore, en une seule génération.
- Les apports extérieurs sont plus rares et plus décisifs. Chercher une origine non apparentée suppose souvent de sortir du pays, avec les contraintes que cela représente.
Aucune de ces conséquences n'est une fatalité : ce sont des contraintes de gestion, et elles se traitent avec les leviers décrits dans limiter la consanguinité dans une lignée. Elles justifient simplement que la question du coefficient et de l'ascendance soit posée avec plus d'insistance encore que pour la variété standard.
Les points de vigilance de santé propres à la variété
La variété miniature partage l'essentiel du patrimoine de la race, donc ses affections. Deux points appellent une attention particulière.
- La luxation primaire du cristallin. Cette affection oculaire, décrite dans plusieurs races de terriers dont le Bull Terrier miniature, se transmet sur un mode récessif et dispose d'un test génétique. Elle entre à ce titre dans la logique décrite au chapitre du test ADN du reproducteur.
- Les affections communes aux deux variétés : surdité congénitale chez les sujets blancs, acrodermatite létale, atteintes rénales familiales, affections cardiaques. Elles sont décrites une fois pour toutes dans le fonds Santé des lignées, qui vaut pour les deux gabarits.
Les examens à demander sont donc les mêmes, avec l'ajout du test oculaire. Un point de vocabulaire pour finir : le format réduit n'implique par lui même aucune fragilité. Ce sont les conditions de reconstruction de la variété, et non sa taille, qui appellent une vigilance sur la diversité.
Ce qui ne change pas
Trois éléments sont identiques d'une variété à l'autre, et il vaut la peine de les énoncer.
La seule différence de fond entre les deux textes est une limite de taille. Toutes les autres différences que l'on peut observer entre un miniature et un standard relèvent des populations concernées et de leur histoire, pas d'une définition officielle.