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Lignée Bull Terrier Fonds documentaire de la race

Généalogie · Pedigree · Santé des lignées

Fonds III · Génétique et consanguinité · Pièce 00

Génétique et consanguinité dans les lignées de Bull Terrier

La consanguinité n'est ni une faute ni une technique honteuse : c'est un outil de sélection qui produit des effets mesurables, dans les deux sens. Ce fonds explique comment on la mesure et comment on la maîtrise.

Pourquoi la consanguinité existe dans toutes les races

Une race est une population fermée. Le livre généalogique n'accepte que les descendants de chiens déjà inscrits, ce qui signifie qu'aucun patrimoine nouveau n'y entre, sauf procédure exceptionnelle. À partir de là, un fait s'impose : dans une population fermée, tous les individus finissent par être apparentés. Ce n'est pas un accident d'élevage, c'est une conséquence arithmétique de la fermeture.

Le raisonnement est facile à vérifier. Un chien a 2 parents, 4 grands-parents, 1 024 ancêtres théoriques en dixième génération et plus d'un million en vingtième. Aucune race ne compte un million de fondateurs. Les cases se remplissent donc nécessairement plusieurs fois avec les mêmes chiens, et c'est cette duplication que l'on appelle consanguinité.

Le Bull Terrier cumule deux facteurs qui accentuent le phénomène : une base de départ très étroite au XIXe siècle, et une période de plusieurs décennies pendant laquelle seuls les sujets blancs étaient conservés pour la reproduction. Cette histoire est racontée dans l'origine de la race.

La question utile n'est donc jamais « y a-t-il de la consanguinité ? », mais « combien, où, et pour quoi faire ? ».

Schéma de génétique canine montrant la transmission d'un allèle récessif sur trois générations dans une lignée apparentée
PlancheComment un gène récessif traverse une lignée sans se voir.

Les deux effets d'un apparentement

Rapprocher deux apparentés produit deux effets simultanés, l'un recherché et l'autre subi. Ils sont indissociables : c'est la même opération qui les provoque.

Les deux faces d'un accouplement entre apparentés
L'effet recherchéL'effet subi
Fixer un type. En augmentant la proportion de gènes en double exemplaire, on rend la descendance plus homogène et plus prévisible. C'est le mécanisme par lequel toutes les races ont été construites. Révéler les récessifs. Un gène défavorable ne s'exprime, dans la plupart des cas, que s'il est reçu en double. Rapprocher deux porteurs d'un même ancêtre augmente exactement cette probabilité.
Concentrer le patrimoine d'un ancêtre jugé remarquable. C'est la logique du lignage, employée pour ancrer une caractéristique dans une souche. La dépression de consanguinité. Les études de populations canines associent une consanguinité élevée à une réduction de la taille des portées, de la fertilité et parfois de la longévité. L'effet est progressif et concerne la population, pas un individu en particulier.
Rendre la sélection lisible. Sur une souche homogène, un défaut nouveau se repère vite, parce que le fond est stable. Perdre de la diversité, définitivement. Un allèle sorti de la population n'y revient pas. Chaque génération de sélection étroite réduit le stock disponible pour les générations suivantes.

Le point important est le dernier : les deux premiers effets sont réversibles, le troisième ne l'est pas. Une souche trop homogène peut être rouverte par un apport extérieur, mais un allèle disparu de la race entière est perdu pour toujours.

Les outils de mesure disponibles

Trois outils permettent aujourd'hui de mesurer l'apparentement, et ils ne mesurent pas la même chose.

Le coefficient de consanguinité généalogique
Calculé à partir du pedigree, il exprime la probabilité qu'un chien ait reçu deux copies identiques par ascendance d'un même gène. Il est gratuit, immédiat, et il dépend entièrement de la profondeur et de la qualité de la généalogie disponible. C'est l'outil décrit dans la page qui lui est consacrée.
La mesure génomique de l'homozygotie
Obtenue par puce ADN, elle observe directement le patrimoine du chien au lieu de le déduire d'un tableau. Elle repère les longues plages où les deux chromosomes sont identiques, signature d'un ancêtre commun. Elle ne dépend d'aucun pedigree, ce qui la rend utilisable sur un chien d'origine inconnue.
Le test de maladie à gène connu
Il ne mesure pas la consanguinité mais la présence d'une mutation précise. C'est le seul des trois qui donne une réponse individuelle et certaine, sur une question précise. Voir le test ADN du reproducteur.

Leurs limites respectives se résument simplement. Le coefficient généalogique sous-estime la réalité dès que la généalogie est courte ou lacunaire. La mesure génomique est fiable mais coûte un prélèvement et une analyse, et son interprétation demande une référence de population. Le test de maladie ne dit rien de ce qu'il ne teste pas.

Le parcours de lecture conseillé

Les trois pièces de ce fonds répondent chacune à une question distincte.

  1. Le coefficient de consanguinité : combien, et comment le calcule-t-on à partir d'un pedigree.
  2. Le test ADN du reproducteur : que peut-on dépister, et comment se lit un résultat sain, porteur ou atteint.
  3. Limiter la consanguinité : quels leviers concrets emploie un élevage, et à quel prix.

Un lecteur qui découvre le sujet lira les trois dans cet ordre. Un lecteur qui a un chiffre sous les yeux et veut savoir ce qu'il vaut ira directement à la première.

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