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Lignée Bull Terrier Fonds documentaire de la race

Généalogie · Pedigree · Santé des lignées

Fonds II · Lire un pedigree · Pièce 04

Exemple commenté : lire un pedigree de Bull Terrier

Voici un pedigree entièrement fictif, construit pour l'exercice. Aucun des chiens qui y figurent n'existe : les noms sont des étiquettes pédagogiques, ce qui permet de commenter le document sans exposer un chien réel.

Le document utilisé

Le document utilisé ci dessous est entièrement fictif. Les chiens qui y figurent n'existent pas : leurs noms sont des étiquettes de position, choisies pour que chaque case soit repérable sans effort.

La convention de nommage est la suivante.

  • Sujet désigne le chien décrit par le document.
  • P désigne le père, M la mère.
  • Les grands-parents portent le nom de leur branche suivi d'un chiffre : P1 et P2 côté père, M1 et M2 côté mère.
  • Les arrière-grands-parents ajoutent une lettre : P1a, P1b, et ainsi de suite.
  • Un seul chien fait exception : R, dont on verra qu'il occupe deux cases.
Pedigree fictif sur quatre générations
SujetParentsGrands-parentsArrière-grands-parents
Sujet
mâle, blanc
n° d'inscription 000 000
puce 250 000 000 000 000
P
père
P1R
P1b
P2P2a
P2b
M
mère
M1R
M1b
M2M2a
M2b

Quatre colonnes, quatorze cases, un ancêtre répété. C'est le format le plus courant des documents remis aux acheteurs.

Pedigree pédagogique fictif de Bull Terrier sur quatre générations avec annotations de lecture en marge
PlancheDocument fictif construit pour l'exercice.

Première lecture : l'identité du chien

La lecture commence toujours par la colonne de gauche, et elle ne prend qu'une minute.

  • Le nom et le sexe identifient le chien dans les échanges. Ils ne servent à rien d'autre.
  • Le numéro d'inscription est la référence du chien au livre généalogique. C'est lui que l'on cite pour retrouver le sujet dans le registre.
  • Le numéro d'identification, puce ou tatouage, est le seul élément qui relie physiquement le document à l'animal. Il se vérifie avec un lecteur, chez un vétérinaire, en quelques secondes.
  • La robe déclarée figure sur la plupart des documents. Chez le Bull Terrier, elle a une conséquence directe : un sujet blanc relève d'un dépistage auditif que ne justifie pas au même degré un sujet coloré, comme l'explique la page consacrée à la surdité.

Deuxième lecture : les deux branches

Les deux branches se lisent séparément, puis se comparent.

La branche paternelle occupe la moitié supérieure : P, ses parents P1 et P2, et leurs parents. Elle représente 50 % de la contribution attendue au patrimoine du Sujet.

La branche maternelle occupe la moitié inférieure : M, ses parents M1 et M2, et leurs parents. Elle représente les 50 % restants.

Dans un élevage travaillant sur sa propre souche, les deux branches se ressemblent : mêmes affixes, mêmes noms qui reviennent. Dans un accouplement d'apport, elles diffèrent nettement. Ici, la comparaison montre un cas intermédiaire, qui est aussi le plus fréquent : les branches sont distinctes sauf sur un point, et c'est ce point qui porte toute l'information.

Une précision utile pour la suite : la contribution attendue d'un arrière-grand-parent est de 12,5 %, celle d'un grand-parent de 25 %. Ces valeurs sont rappelées dans lire les générations d'un pedigree.

Troisième lecture : les ancêtres répétés

Le nom R apparaît deux fois : en tête de la branche paternelle, comme père du grand-père paternel, et en tête de la branche maternelle, comme père du grand-père maternel. C'est la seule anomalie du tableau, et c'est l'information la plus dense du document.

Ce que cela signifie

P et M ne sont pas deux origines indépendantes : ils descendent tous les deux du même chien. Les parents du Sujet sont donc apparentés, et le Sujet a une probabilité non nulle d'avoir reçu deux copies identiques d'un même gène, héritées de R par deux chemins différents.

Le calcul

Le coefficient de consanguinité se calcule en comptant les générations qui séparent chaque parent de l'ancêtre commun. Ici, deux générations séparent P de R, et deux générations séparent M de R. La formule donne une contribution de (1/2) élevé à la puissance 2 + 2 + 1, soit 1/32.

Une valeur de cet ordre est courante et ne pose pas de question particulière. Elle devient un sujet lorsque plusieurs ancêtres se répètent, ou lorsque la répétition se produit plus près du chien. La méthode complète, avec les valeurs de référence des accouplements classiques, est développée dans le coefficient de consanguinité.

Quatrième lecture : les mentions de santé

Les mentions de dépistage n'apparaissent pas toutes au même endroit, et c'est une source constante de malentendus.

  • Sur le pedigree lui même, lorsque le registre a organisé la remontée des résultats pour la race concernée. C'est le cas le plus confortable, mais pas le plus fréquent.
  • Sur des comptes rendus séparés, établis par le laboratoire ou le vétérinaire qui a réalisé l'examen. Ce sont ces documents qu'il faut demander, en original, avec le numéro d'identification du chien testé.
  • Dans une base de données de club de race, lorsqu'elle existe et qu'elle est publique.

Les examens qui concernent particulièrement le Bull Terrier sont au nombre de quatre, et chacun a sa page :

  • le test auditif BAER, qui mesure l'audition oreille par oreille ;
  • le test génétique de l'acrodermatite, qui donne un statut sain, porteur ou atteint ;
  • le suivi rénal, qui repose sur des analyses répétées et non sur un examen unique ;
  • l'examen cardiaque, réalisé par auscultation puis échographie selon les protocoles du club de race.

Une règle de lecture : un résultat concerne un chien, jamais une portée ni un élevage. Un dépistage présenté pour le père ne dit rien de la mère.

Ce que ce pedigree ne dit pas

Ce document, comme tous les pedigrees, laisse plusieurs questions entières.

  • Ce qu'ont produit les ascendants. Le tableau montre des noms, pas des descendances. Un géniteur se juge sur ce qu'il transmet, information qui ne figure sur aucun pedigree.
  • La santé des ancêtres. Sauf mention explicite, le document ne dit rien de ce dont ils ont souffert ni de l'âge auquel ils sont morts.
  • Le tempérament. Aucune case ne le décrit. Il s'observe sur les parents, en présence des chiens.
  • Les conditions d'élevage. Le pedigree est un document de filiation, il n'atteste rien du lieu ni de la façon dont le chiot a été élevé.

Autrement dit, la lecture d'un pedigree prépare les questions, elle ne les remplace pas. Les questions concrètes à poser sont réunies dans limiter la consanguinité dans une lignée et dans le caractère expliqué par les lignées.